Moi et ma scolarité

Pour être honnête j’ai quelques souvenirs de ma scolarité en primaire. Mais c’est une partie de ma vie que l’on pourrait presque qualifier de normale. Je dis « presque » puisque j’ai passé une année. Je suis passée de CP à CE2. Les premiers temps ont été compliqués. Comprenez, les enfants ne sont pas tendre entre eux et j’étais la petite nouvelle. Mais cela n’a pas duré longtemps et une fille m’a pris sous son aile. Alors cette période ma vie ne mérite pas d’épiloguer. Elle représente la période douce de mon enfance, sans aucuns problèmes.

Alors passons directement au collège. Je pense pouvoir parler de mes années de 6° et de 5° comme d’une seule année. Je connaissais les filles de ma classe depuis la primaire. Certaines étaient des amours. Mais il y avait aussi une peste qui faisait de ma vie un enfer. Me voilà sans amis et subissant des moqueries. Trop grosse. Trop petite. Trop souriante. Trop jeune. Frisée. Sale mouton.

Seule et sans aide. Je garde la face devant ma mère et mon beau-père. Donc ces deux années sont deux années que j’aurais aimé ne pas vivre. Non, je ne subissais pas de harcèlement. Je ne me faisais pas frapper. Je ne vivais rien de bien grave si on y réfléchit un peu. Mais c’est un peu trop pour une enfant de dix ans.

Ces deux années se passent pourtant bel et bien. Et me voici en 4° dans une toute nouvelle classe.

Je me fais des amis plutôt rapidement, j’ai toujours été sociable comme fille. Les moqueries continuent tout de même et mes amis ne font rien pour les faire cesser. Je me réfugies dans la culture japonaise. Mauvaise idée. Je suis maintenant trop grosse. Trop petite. Trop souriante. Trop jeune. Frisée. Et différente. Une différence qui pourtant commence à être à la mode au jour où j’écris ce texte me diriez-vous. Je suis donc une grosse gamine qui passe son temps à regarder des dessins animés. Je commence à avoir honte et garde cette passion pour moi. Je me renferme et ne cherche pas à me faire de nouveaux amis. Je ne bosse pas en cours mais obtiens de bons résultats, j’ai mon brevet et je pars au lycée.

La plupart des gens causant mon « malheur » (je n’aime pas le nommer malheur car je sais aujourd’hui que ce qu’il s’est produit durant mon collège m’a forgée) partent dans un autre lycée. Je rencontre de nouvelles personnes et durant mes trois années de lycées je m’échappe de cette prison que je m’étais moi-même crée pour ne pas me montrer. Je commence à rire fort, à parler fort, à m’assumer, à assumer mes cheveux, mon style, ma passion pour le Japon.
Je suis maintenant dans ma première année d’école préparatoire, et ces quatre années de collèges sont loin derrière moi. Il m’arrive de recroiser ces personnes qui m’ont fait subir remarques et moqueries, et de les voir elles aussi bien changées. Je ne pense pas avoir d’explication miracles au pourquoi ils ont fait ça. Ce qui a fait qu’ils en ressentent le besoin.

La seule chose que je pourrais vous dire et que ces quatre années ont fait que je suis devenue finalement moi-même. Que je m’assume totalement.

Alors à ceux/celles qui se renferment sur eux-mêmes par peur des moqueries, je ne dirais qu’une chose : assumez-vous. Je sais que ces mots sont plus faciles à prononcer qu’à appliquer. Je suis moi-même passer par là. Mais la solution n’est pas de se renfermer. Il faut en parler, ne faites pas l’erreur de ne rien dire à vos parents ou tout simplement à un adulte en qui vous avez confiance.

Je ne prétends pas donner une quelconque solution au harcèlement avec ce texte, mais si parler de mon expérience peux donner de l’espoir à quelques uns alors je préfères en parler.